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Enfant agité, absent ou en crise.

Dernière mise à jour : 24 févr.



Ce que son corps vous dit que les mots ne peuvent pas encore exprimer.


Enseignants, éducateurs, professionnels de crèche, et si ces comportements difficiles avaient une logique que personne ne vous a apprise?


Ce que le développement du cerveau nous apprend sur les comportements difficiles des enfants.


Il y a cet enfant que vous connaissez. Celui qui ne tient pas en place, qui perturbe la classe, qui pleure pour des riens ou qui au contraire semble absent, ailleurs, comme déconnecté. Celui dont les comportements vous épuisent parfois, vous inquiètent souvent, et face auquel vous vous sentez impuissant.


Avant de chercher un diagnostic, avant de se demander si quelque chose « cloche », il y a une question plus fondamentale à se poser : est-ce que ce comportement est un message ? Est-ce que ce corps qui déborde est en train de dire quelque chose que les mots ne peuvent pas encore exprimer ?


La réponse est presque toujours oui.



Le cerveau de l'enfant : une construction qui prend du temps


Le cerveau humain met en moyenne 23 à 25 ans pour se développer et s'intégrer complètement. C'est long. Et cette intégration ne se fait pas n'importe comment, elle suit un ordre précis, du bas vers le haut.


On peut simplifier en décrivant trois grandes zones :

Le cerveau reptilien: la zone la plus ancienne, la plus primitive. Il gère les peurs archaïques, les réflexes primaires, les mécanismes de survie. C'est la fondation.


Le cerveau limbique: la zone des émotions, des sens, de l'équilibre physiologique. C'est ici que se construit la capacité à ressentir, à se réguler, à entrer en relation avec les autres.


Le néocortex: la zone du langage, de la logique, du raisonnement abstrait. C'est la dernière à être intégrée, et elle ne peut l'être que si les deux premières sont solides.


Ce qui est essentiel à comprendre : on ne peut pas accéder durablement aux fonctions cognitives complexes, attention, mémoire, raisonnement, si les étages bas du cerveau ne sont pas bien construits. Aucun raccourci n'est possible.



Le mouvement et le toucher : les seuls vrais chemins d'intégration


C'est un fait neurologique fondamental que notre culture a largement oublié : le cerveau s'intègre par le corps. Par le mouvement. Par le toucher. Par l'exploration sensorielle.

Le ramping, les roulades, le quatre pattes, ces étapes que l'on considère parfois comme de simples jeux, sont des étapes neuromotrices fondatrices. Elles activent des connexions cognitives essentielles.

Elles construisent, littéralement, les bases du raisonnement futur.

C'est parce qu'un enfant se touche, est touché par son environnement, explore avec ses sens, qu'il peut développer une conscience précise de lui-même et du monde. Et c'est parce qu'il se met en mouvement, empruntant des chemins corporels inédits, qu'il multiplie le champ de connexions possibles dans son cerveau, rendant son activité cognitive plus riche, plus solide, plus capable d'abstraction.



Brûler les étapes : ce que ça coûte vraiment


Notre société a tendance à vouloir faire grandir les enfants plus vite. On les assoit trop tôt. On les met debout avant qu'ils marchent. On leur demande de raisonner, de se concentrer, d'apprendre des abstractions, avant que leur cerveau soit physiologiquement prêt.


Quand un nourrisson de 3 mois est régulièrement placé en position assise, ou qu'un enfant non marcheur est mis debout systématiquement avant d'en être capable seul, on l'amène prématurément vers des régions cérébrales qui ne sont pas encore prêtes. On réduit ainsi la multitude de connexions cognitives qui auraient pu se consolider comme une base solide.


Le résultat ne se voit pas toujours immédiatement. Mais plus tard, face aux apprentissages de plus en plus complexes, lire, raisonner, réguler ses émotions, l'enfant peut se retrouver en difficulté sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi.


Ce n'est pas une fatalité. Rien n'est irréversible. Le corps humain a une capacité remarquable à combler les manques, à se réorganiser, à intégrer même sur le tard, avec le bon accompagnement. Mais encore faut-il savoir reconnaître les signaux.



Ce que vous voyez dans votre classe ou votre structure, ça peut-être une carence qui parle.


L'élève agité qui ne tient pas en place. L'enfant qui décroche, absent, dans sa bulle. L'adolescent dont les actes parlent plus fort que les mots, par la violence, par la mise en danger, par le mutisme.


Ces comportements ne sont pas des défauts de caractère. Ce sont des langages. Des signaux corporels qui pointent vers un besoin non comblé, une émotion bloquée, une difficulté de développement que personne n'a encore su décoder.


En tant que professionnel de l'enfance, enseignant, éducateur, professionnel de la petite enfance, vous êtes en première ligne. Vous voyez ces enfants chaque jour. Vous ressentez leur détresse avant même qu'elle soit nommée. Et souvent, vous cherchez des outils. Des clés. Une façon de passer du constat à l'action.



Si ce que vous venez de lire résonne avec ce que vous vivez au quotidien, sachez qu’il existe des outils concrets pour passer du constat à l’action. Pour apprendre à lire ces signaux corporels, à décodet ce que l’enfant ne peut pas encore mettre en mots, et à proposer des réponses adaptées à votre cadre professionnel.



✦ Formation : Carences Cognitives et Affectives ✦



Comprendre et agir par le corps.


Une journée de formation concrète pour les professionnels de l'enfance. Apprenez à décoder les comportements difficiles, repérer les carences cognitives et affectives, et proposer des réponses adaptées, par le corps, les émotions et le mouvement.




Laëtitia BELIBI

Corps & Conscience


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